L'atelier
de création de Gilles Derland se mérite
et cache ses trésors de soie, de cashmere,
d'alpaga. Il suffit de regarder, caresser la soie,
la palper, pour deviner l'amour qu'il porte aux
étoffes douces, soyeuses, luxueuses. A
sa table de coupe l'artiste croque l'esquisse
d'un manteau de soie terre brûlée,
commande spéciale d'un soprano excentrique.
L'assistante fignole un gilet de mariage en soie
bleu ciel pour Vincent, 28 ans, dont le mariage
est prévu dans quatre jours. Elle recouvre
à la main les boutons, vérifie les
finitions avant de soumettre son oeuvre au verdict
du maître qui examine chaque couture, chaque
boutonnière, vérifie le tombé.
Ici, on soigne le moindre détail. On peaufine
jusqu 'à la perfection pour satisfaire
les désirs les plus fous et participer
à la réussite de la fête quelle
qu'elle soit. J'ai une collection de 25 costumes
et de 200 gilets en soie mais à partir
de ces bases, je peux tout créer, tout
inventer. Dés que quelqu'un, dans l'une
de mes boutiques, émet un souhait particulier,
je le reçois, l'écoute, recherche
les matières, ébauche les formes,
les silhouettes. J'accepte aussi de façonner
des tissus que l'on m'apporte dés lors
qu'ils sont de qualités. Pour moi, l'exception
est une règle. J'habille le dandy, à
savoir un homme soucieux de son élégance
ni top branché ni ringard, toujours dans
la note jamais ridicule. Je l'aide aussi à
trouver le vêtement qui va le mieux coller
non seulement aux circonstances, mais à
sa personnalité. |